Faire théâtre avec celles et ceux que la culture tient le plus à distance — donner forme aux récits empêchés, écouter, être au contact.
Notre démarche de théâtre documentaire ne se contente pas de représenter un territoire. Elle met ses habitant·es en jeu et en réflexion sur ce qu’ils et elles sont, collectivement. Elle fait théâtre avec celles et ceux que la culture tient le plus à distance : les plus vulnérables.
Nous travaillons sur le terrain social, des quartiers à la ruralité, au plus près de vies infimes sous-représentées. Ce sont leurs récits empêchés qui nous poussent en avant. Nous cherchons à leur donner forme par des récits sociaux en images, attentifs aux nuances et aux singularités. Donner la parole, ce n’est pas parler à la place, ni faire dire pour confirmer des questions déjà orientées : c’est écouter, être au contact.
Nos matériaux sont des archives, des paroles et des petites histoires. Nous recueillons les témoignages de celles et ceux que l’histoire officielle a laissés dans l’ombre — une mémoire racontée et écrite du côté des vaincus. Et nous interrogeons les rituels qui font tenir une collectivité, ceux du social comme ceux du politique, et les rapports de domination qu’ils reproduisent.
Nous faisons le pari que la complexité protège, répare : qu’une société capable d’interroger et de porter ses contradictions est plus forte. À l’hostilité et aux discriminations, nous opposons des solidarités réelles — non pas l’unanimité, mais l’art de tenir ensemble ce qui diffère, l’ouverture aux différences plutôt que le repli sur des appartenances imaginaires, la pacification des mémoires plurielles, le soin plutôt que le conflit.
Les formes auxquelles ces projets aboutissent, avec patience, tact et attention, ne concernent pas seulement les habitant·es du territoire où elles sont nées. Elles vont à la rencontre de publics divers et nombreux, et croisent professionnel·les et amateur·ices. Car le théâtre demeure l’un des rares espaces qui nous permettent encore de vivre d’autres vies possibles, multiples et collectives.
Celles et ceux que l’histoire officielle a laissés dans l’ombre. Les sous-représenté·es, les vulnérables, les vaincu·es. Une attention aux singularités et aux nuances, contre l’effacement par les grands récits.
Les histoires qui ne se disent pas, ou qui ne trouvent pas leur forme. Donner la parole, ce n’est pas parler à la place — c’est écouter, être au contact, fabriquer les conditions du dire.
Non pas l’unanimité, mais une solidarité réelle qui accueille les contradictions. Pacifier les mémoires plurielles, soigner plutôt que durcir, ouvrir aux différences plutôt que se replier sur des appartenances imaginaires.
Fondée à Hellemmes-Lille en 2001, la Compagnie Les Blouses Bleues développe depuis vingt-cinq ans une démarche singulière de théâtre documentaire, qui croise les arts de la scène, le cinéma, la vidéo et la musique.
Une écriture qui se nourrit du réel — fait divers, mémoire vive, témoignages, archives, terrain — pour questionner les rapports de domination, les violences sociales, les vies oubliées. Une écriture du soin, attentive aux territoires des Hauts-de-France où elle s’enracine, sans renoncer à aller à la rencontre d’autres publics, ailleurs.
Adaptation théâtrale et musicale du roman de Richard Powers. Une fresque sur le racisme aux États-Unis, des années 1930 aux Black Panthers, à travers la musique.
Théâtre paysage en immersion auprès du monde agricole. Une enquête sensible sur ce qui se joue dans les territoires ruraux contemporains.
Théâtre documentaire d’après le dossier publié par Michel Foucault. Une plongée dans l’archive d’un fait divers ordinaire et terrible.
Mémoires d’une intersexe au XIXᵉ siècle. Une voix singulière, longtemps tue, qui interroge les catégories identitaires et leurs violences.
L’affaire Salengro, 90 ans après. Comment une rumeur d’extrême-droite a conduit au suicide d’un homme politique du Front populaire — et ce que cela dit de notre époque.
D’après Nastassja Martin. Le récit d’un face-à-face avec l’ours, et de la traversée d’une métamorphose. Un théâtre du corps blessé et de la transformation.
Portrait d’un territoire à Dunkerque. Une écriture sensible, à la croisée du carnet de bord, du témoignage et du film.
Théâtre du vieillissement et de la mémoire qui se défait. Une attention aux personnes atteintes d’Alzheimer, à leurs proches, et aux gestes qui maintiennent la présence.



