Spectacle en diffusion

La Rumeur

Une radio-scénie sur l’affaire Salengro et l’affaire Dreyfus — aux origines de la presse de haine.

Forme
Théâtre documentaire / radio-scénie
Conception
Lisa Hours & Frédéric Laforgue
Dramaturgie
Gérard Noiriel
Durée
75 min
Public
Tout public à partir de 15 ans
LE POPULAIRE · ORGANE CENTRAL DU PARTI SOCIALISTE JEUDI 19 NOVEMBRE 1936 ILS L’ONT TUÉ ! ROGER SALENGRO · MINISTRE DE L’INTÉRIEUR N° 4912 — UNE

De la rumeur à la mise à mort sociale

Comment des calomnies, des campagnes de haine médiatique mènent-elles à la mise à mort sociale ? Comment faire croire à l’écho des rumeurs les plus fantasques, loin de la vérité documentée ? La Rumeur… replonge dans les archives de deux affaires emblématiques pour interroger, à l’heure de la post-vérité, les conditions de fabrication des paniques morales.

Aux origines
de la haine.

SALENGRO DREYFUS la rumeur

En replongeant dans les archives de l’affaire Salengro et du procès de Dreyfus, il s’agit à travers ce projet de théâtre documentaire de s’interroger sur le sentiment d’appartenance à un pays, une nation, une identité. La compagnie poursuit son travail de création d’un théâtre critique, entre archives et arts de la scène, dans une démarche d’éducation populaire.

En nous appuyant sur les archives relatives à ces deux événements retentissants et à l’usage qui en est fait par la presse et les forces politiques de l’époque, nous invitons les spectateurs à plonger avec nous aux origines de la presse nationaliste et des luttes tragiques qu’elle va engendrer. Si — comme nous le pensons — l’affaire Salengro et l’affaire Dreyfus résonnent avec notre actualité, il s’agit de s’en emparer théâtralement, d’en dénouer les fils, d’en saisir les continuités et les ruptures dans l’histoire de notre pays.

À l’heure de la post-vérité, s’emparer de l’affaire Salengro permet d’interroger les conditions de représentation des faits réels, ainsi que la propagation des discours de haine nationalistes dans les démocraties actuelles.

Nous proposons un travail critique qui s’intéresse à la dimension émotionnelle de la rhétorique de la haine, d’une part, et à sa réception, d’autre part. La dramaturgie se tient à la croisée entre le documentaire et la fiction, enchâssée dans un dispositif de radio-scénie.

Ces deux affaires sont pour nous symptomatiques de cette fabrication, dans le réel, d’une rumeur, d’une peur fantasmatique, d’une panique morale, qui vont devenir une vague mortelle. Nous les rejouons ici, en les donnant à voir et à entendre dans leur dimension tragique, à travers les voix, le son, mais aussi les corps des interprètes. C’est une sorte de remontage actualisé de ces affaires, par l’incarnation concrète sur le plateau de personnages qui donnent à ressentir ces émotions politiques.

La collecte de sources diverses — écrits, témoignages, enregistrements et photographies d’époque — est interprétée dans la perspective de cette adaptation radio-scénique. Il s’agit de créer des contrastes et des décalages entre les événements, les archives produites et leur réappropriation par le prisme de la réalisation sonore : traitements sonores, témoignages rejoués, lectures, sons du réel.

Cette forme théâtrale entremêle montage de textes, témoignages de personnages historiques, moments joués, archives sonores et photographiques. Elle tisse une trame entre le documentaire et la fiction, donne à voir et à entendre, à travers ces différents registres de paroles situées, les liens complexes entre l’intime et le politique.

Comment les masses sont-elles façonnées, fascinées par la désignation d’un ennemi de l’intérieur, comme une solution narcotique, une compensation narcissique répondant à leurs angoisses — et peut-être à leur peur de la liberté ?

Le spectacle questionne, dans le même temps, la réception de cette rhétorique de la haine par les masses : la manière dont elles sont désensibilisées, intoxiquées, manipulées, fanatisées — comment elles en viennent à avoir envie, et comme besoin, de croire en ces discours.

Imaginaire

Iconographie & filiations
Homme dans un escalier protégeant son visage face à un photographe
Le visage face à l’objectif ·
la presse comme traque
Scène d'enquête : trois personnages autour de coupures de presse et d'un projecteur
Archives, montage, dispositif ·
l’atelier documentaire
Stan Douglas, The Secret Agent (2015), intérieur rouge
Stan Douglas · The Secret Agent, 2015
l’intime et le politique

Une création
collective
.

Conception, écriture et mise en scène

Lisa Hours · Frédéric Laforgue

Dramaturgie & conseil historique

Gérard Noiriel — historien

Création vidéo

Clément Goffinet

Création sonore

Ludovic Enderlen

Conseil scientifique

  • Maxence Cambron — maître de conférences en études théâtrales, Université de Lille
  • Nicolas Kaciaf — spécialiste de l’histoire des médias et de l’extrême droite, ESJ Lille / Sciences Po Lille
  • Rémi Lefebvre — politologue, professeur de sciences politiques, Université de Lille

Avec

  • Astrid Bulot
  • Lou-Anne Perrot-Laporte
  • Zoé Lovergne
  • Gebril Lili
  • Charlotte Montauban
  • Émilie Proumen
  • Mathilde Quersin
  • Nolan Thomas

Spectacle
en diffusion.

Forme légère et autonome, adaptable aux salles de théâtre, amphithéâtres universitaires, médiathèques et tiers-lieux culturels. Tournée 2026–2027 ouverte aux programmations.

Fiche d’identité

Durée
75 minutes
Jauge
80 à 250 spectateurs
Plateau
8 × 6 m minimum
Montage
Service de 4 heures
Équipe en tournée
5 personnes
Public
Dès 15 ans · scolaires lycée
Contact diffusion
diffusion@lesblousesbleues.fr

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