Territoire K · 2015–2016 Arts de la scène · Spectacle-performance · 2015–2016

Modalités de survie
en territoire K

Une fable du capitalisme — entre ruche, data center, robots et zombies

Comment survivre, à plusieurs, dans le système ? Un spectacle-performance qui entremêle théâtre joué, vidéo live, chorégraphie et chant, et croise abeilles, oiseaux du Québec, avatars numériques et zombies des « dead cities ». Une création de la compagnie lilloise Les Blouses Bleues.

Affiche de Modalités de survie en territoire K : abeille couverte de pollen sur fond noir

Fiche d'identité
Forme
Spectacle-performance — théâtre, vidéo live, chorégraphie, chant ; dispositif bifrontal
Conception, mise en espace, écriture plateau
Frédéric Laforgue
Images et vidéo
Alexandre Leroy
Écriture des textes
Sébastien Hoët
Composition électronique
Thierry M'baye
Régie plateau
Quentin Pascal
Jeu
Audrey Chamot, Béatrice Courtois, Camille Dupond, Fabrice Gaillard, Malkhior, Denis Mignien, Jacob Vouters, Jean-Benoit Ugueux
Création
Saison 2015–2016
Compagnie
Cie Les Blouses Bleues — Hellemmes-Lille

L'argument — la ruche Manta

Mettre de la joie dans son travail

À l'heure où les entreprises ont une âme, où les collègues sont des « petits amis », où il faut sourire pour booster les ventes.

Les salariés de Manta — web native spécialisée dans les technologies de l'information — subissent la pression de leur manager pour que la société soit un jour cotée en bourse. Manta est une « ruche data center » : elle collecte les données, traque ce que les gens laissent de leur vie sur les réseaux. « Nous transportons l'information comme les abeilles le nectar, pour faire du miel 3.0. »

Acteur en mouvement devant une projection de données chiffrées
L'open space — gestes et données

Note dramaturgique — trois temps

De l'open space à la meute

1 · L'entreprise

La vie quotidienne d'une équipe : gestes robotisés, auto-évaluations, coaching, thérapie collective, lettres de (non-)motivation, sortie en boîte, body-attack, perte de soi dans un avatar numérique. Une richesse gestuelle fourmillante pour une certaine pauvreté existentielle — le travail nous traverse de mille devenirs et nous laisse seuls avec nous-mêmes.

2 · L'île

Après le burn-out d'un employé, le manager Yann Apix emmène l'équipe « se ressouder » sur une île paradisiaque. Elle se révèle énigmatique et hostile, façon Lost ; Apix se mue en instructeur militaire de survie. La vie nue de l'animal humain, où des gestes primitifs refont surface et où il s'agit de survivre — souvent au détriment de l'autre.

3 · Les ruines

Le temps se dilate jusqu'à des proportions cosmiques. L'humain se survit en meute de zombies, dans les anciennes mégalopoles devenues ruines. Apothéose finale : un mapping d'abeille géante enlaçant une minuscule forme humaine — le patrimoine de l'espèce, sauvegardé dans le génome d'une abeille et le silicium d'une vie numérique éternelle.

Corps suspendu dans une lumière bleue, la survie sur l'île
La survie sur l'île — les corps

Le dispositif

Un théâtre bifrontal et numérique

Acteur manipulant une caméra en direct devant une projection colorée
Caméras manipulées en direct

Le public se fait face. Entre les deux gradins : plusieurs écrans, des caméras manipulées en direct, des drones indoor, un avatar numérique en interaction avec un acteur qui veut fuir son corps et sa vie, et une dizaine de figurants zombies. L'image, la lumière et le son sont travaillés en temps réel ; la composition électronique de Thierry M'baye et les chorégraphies tissent une fresque tantôt grotesque, tantôt sublime.


Les personnages du territoire K

Une faune d'entreprise

Le spectacle croise textes poétiques chantés et scènes jouées : copyright, lettres de non-motivation, binge drinking, karaoké d'entreprise, chambre d'appel, auto-évaluation, mails et SMS en temps réel.

Jessica SmithYann Apix — le managerRodrigo NarcissioMichel Schumpeter — l'ingénieur-réseauKathleen van de NeuveAldo Benjamin — le psychologueDaisy Norma
Acteur au casque audio, une comédienne lit un texte en fond
La chambre d'appel — faune d'entreprise

La vie des abeilles

Le plus parfait produit de la Création

L'abeille traverse tout le spectacle : métaphore de l'intelligence collective, indicateur des dérèglements du milieu. Maeterlinck, dans La Vie des abeilles (1901), y voyait « l'objet le plus parfait de la logique de la vie ». Depuis 2006, des colonies entières disparaissent sans laisser de cadavres — le syndrome d'effondrement (Colony Collapse Disorder).

En s'inspirant de La Théorie de l'information d'Aurélien Bellanger, la pièce s'achève sur une vision apocalyptique : l'humanité a disparu, et il ne demeure qu'une espèce d'abeilles, apis mellifica syriaca, cachant dans son ADN — soigneusement encryptées — les données numériques de l'espèce humaine déposées sur les réseaux.


Références & filiations

Adam Smith prend le thé avec Jeff Koons

Cinéma & documentaire

Le film d'entreprise de Lars von Trier ; le travail du documentariste Marc Bauder sur le monde du travail.

Littérature

Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq ; La Théorie de l'information d'Aurélien Bellanger.

Les abeilles

La Vie des abeilles de Maurice Maeterlinck ; le syndrome d'effondrement des colonies.

Économie & art

Le couple improbable Adam Smith & Jeff Koons ; la bande-son de Kraftwerk.

Le manager en costume sombre, lunettes, bras croisés
Le costume du manager

L'équipe

Une fabrique collective

Conception · mise en espace · écriture plateauFrédéric Laforgue
Images et vidéoAlexandre Leroy
Écriture des textesSébastien Hoët
Composition électroniqueThierry M'baye
Régie plateauQuentin Pascal
JeuAudrey Chamot · Béatrice Courtois · Camille Dupond · Fabrice Gaillard · Malkhior · Denis Mignien · Jacob Vouters · Jean-Benoit Ugueux
Deux acteurs sur une scène bleue, projection Oser être soi-même
« Oser être soi-même »

Conditions d'accueil

Fiche technique

Forme — spectacle bifrontal  ·  Espace scénique 6 m × 16 m minimum, hauteur 6 m minimum
Équipe en tournée — 11 personnes au départ de Lille (59)  ·  Figuration — 10 figurants zombies (maquillés, répétition des mouvements le soir de chaque représentation)
Apports compagnie — 4 caméras, 2 drones indoor, fluos, fresnel HMI

Programmer ou en savoir plus
sur K

administration@cielesblousesbleues.fr

06 10 76 53 75

© Compagnie Les Blouses Bleues 2026 — Tous droits réservés.