House of Leaves · 2013–2015 Arts visuels · Performance · Théâtre-cinéma · 2013–2015

La Maison
des feuilles

d'après House of Leaves de Mark Z. Danielewski

Une performance-spectacle qui aspire le public dans un livre-monde : théâtre, vidéo, arts plastiques et nouvelles technologies composent une maison labyrinthe, plus vaste à l'intérieur qu'à l'extérieur. Une création de la compagnie lilloise Les Blouses Bleues avec le collectif de musiciens Muzzix.

La maison Navidson, image-source de La Maison des feuilles
La maison Navidson — l'image-source du projet

Fiche d'identité
Forme
Performance-spectacle — théâtre, vidéo, arts visuels & nouvelles technologies
D'après
House of Leaves (La Maison des feuilles), roman de Mark Z. Danielewski
Conception
Frédéric Laforgue
Scénographie
Alexandre Leroy, Frédéric Laforgue
Création vidéo & environnement
Alexandre Leroy
Images live 3D
Jean-Philippe Loridan (Pitch / visualive)
Son temps réel
Peter Orins, Ivann Cruz — collectif Muzzix
Maquette
Arnaud Verley
Avec
Patrick Guionnet (performer sonore), Roméo Dépret (l'enfant), Béatrice Courtois, Jérôme Baelen
Création
Première étape — Gare Saint-Sauveur, Lille, 4 & 5 janvier 2013, dans le cadre de Lille 3000 « Fantastic » — saisons 2013–2015
Compagnie
Cie Les Blouses Bleues, compagnie professionnelle lilloise — Hellemmes-Lille

Le projet — un techno-texte

Un livre qui machine de lui-même

Le roman de Danielewski n'est pas un texte que l'on lit : c'est une machine. Récit fantastique, faux essai académique, dérive intime, il interroge le rapport de l'humain à son lieu d'habitation — et la matérialité même de l'écriture et de la lecture.

Trois récits s'emboîtent. Zampanò, vieil aveugle graphomane à qui l'on attribue le livre. Johnny Errand, tatoueur torturé qui hérite du manuscrit en désordre et entreprend de l'annoter. Et au cœur du dispositif, le Navidson Record : le home-movie de Will Navidson, photoreporter, qui découvre dans sa nouvelle maison une pièce qui n'existait pas, et que la maison est plus grande dedans que dehors.

trous du textecorps-livre tatouévie & mort ossements de papierlivre en feuenjeu vital

Le livre joue de la forme autant que du fond : polices changeantes, mise en page « en mille-feuilles », langues étrangères, références encyclopédiques. La métaphore du salon de tatouage où travaille Johnny dit cette obsession de la trace et du corps écrit. Notre performance prolonge ce geste : à partir du livre lu et interprété, des scènes théâtrales et performatives s'entremêlent à des strates d'images vidéographiques agencées en temps réel.

Photogramme : le livre en feu
Photogramme — le livre en feu
Photogramme : le couloir labyrinthe
Photogramme — le couloir
Photogramme : trouée de lumière sur le plateau
Photogramme — trouée de lumière
Pages du roman House of Leaves de Mark Z. Danielewski, mise en page éclatée
Pages de House of Leaves — la matière typographique dont la performance s'empare

Note d'intention

La maison-labyrinthe

La maison est l'espace des souvenirs de famille, du confort et du déchirement, des solitudes — mais aussi le domaine du mouvement : elle donne l'envie d'apparaître, de disparaître, de partir, de rester. Quand Navidson explore les couloirs interminables, les escaliers en colimaçon, les puits sans fond, l'espace plonge dans les entrailles de la terre et devient un terrier infini.

Comment filmer les ténèbres ? Comment filmer la durée ? La performance se construit comme une déambulation dans ce dédale, captant le mouvement sans fin d'un ruban de Möbius.

le couloir

de cinq minutes

et demie

s'enfonce

dans le noir

1. Le travail vidéo 3D déconstruit et reconstruit l'architecture mouvante de la maison, en s'appuyant sur les Anarchitectures de Gordon Matta-Clark, qui découpe les bâtiments pour les reconfigurer en agencements photographiques.
1a. En écho, l'architecte Eyal Weizman — dans À travers les murs — décrit comment des armées « traversent les murs » des habitations comme un milieu liquide : une lecture dévoyée de Deleuze et Guattari, qui hante la scène de guerre finale de la performance.

Le dispositif vidéo-scénographique

Du cinéma en temps réel

Deux murs-écrans en oblique organisent un champ / contrechamp cinématographique ; entre eux, un fond de tulles ménage un « trou noir » et une profondeur de champ où les scènes se jouent devant et derrière l'image. Sur le côté, un mur de placo est percuté, découpé, traversé. Au sol, surélevé comme dans un temple, le livre.

Grâce au partenariat avec le laboratoire M.e.u.Lab de Roubaix, le plateau devient atelier : une imprimante 3D fabrique un pan de mur de la maquette, une fraiseuse numérique usine les lettres de l'alphabet, un canon à CO₂ « gèle » l'espace, et plusieurs drones équipés de caméras filment en temps réel — notamment la scène de guerre finale. Une caméra thermique permet, littéralement, de filmer l'obscurité.

La maquette de la maison, conçue par le plasticien Arnaud Verley, est manipulée et filmée par l'enfant à l'aide d'une caméra endoscopique — une maison-ventre, une maison-baleine en perpétuelle transformation.

Planche de photogrammes : encre, matière, tunnels filmés à la caméra endoscopique
Planche de photogrammes — encre, matière, tunnels (caméra endoscopique)

Le son — une architecture gazeuse

Le dégel des formes

Goethe appelait l'architecture une musique figée. La performance en propose le dégel : une coulée lente qui dégage figures et sons, laissant entendre les craquements, grognements et rumeurs de la maison.

Les atmosphères sont créées en direct par trois musiciens du collectif lillois Muzzix — batterie et électronique, guitare, voix et performance sonore. Capteurs et micro-contacts disposés dans l'espace saisissent les « étranges bruits » de la maison : gouttes d'eau, souffleries de machines, sons des actions des personnages. Traités en temps réel et diffusés en multiphonie, ils projettent la décomposition d'un espace familier dans un espace sonore élargi, mouvant, labyrinthique.


Références & filiations

Une encyclopédie de l'inquiétante étrangeté

Comme le livre, la performance se nourrit d'une constellation d'œuvres — architecture, cinéma, arts visuels, littérature fantastique. Autant de portes vers d'autres mondes.

Le roman

La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski — un techno-texte culte sur la trace, le seuil et la désorientation.

Architecture

Les Anarchitectures de Gordon Matta-Clark ; À travers les murs d'Eyal Weizman.

Cinéma

La Chute de la maison Usher de Jean Epstein ; les intérieurs hantés de Gregory Crewdson.

Arts visuels

Les murs percés et la langue surgie du plâtre d'Urs Fischer.

Littérature

L'ombre de Kafka, Lovecraft, Richard Yates et Jonathan Franzen, lectures-monde du seuil et de l'effroi domestique.

Événement

Créée pour Lille 3000 — « Fantastic », à la Gare Saint-Sauveur, en janvier 2013.


L'équipe

Une fabrique collective

ConceptionFrédéric Laforgue
ScénographieAlexandre Leroy · Frédéric Laforgue
Vidéo & environnementAlexandre Leroy
Images live 3DJean-Philippe Loridan
Son temps réelPeter Orins · Ivann Cruz (Muzzix)
Performer sonorePatrick Guionnet
MaquetteArnaud Verley
AvecRoméo Dépret · Béatrice Courtois · Jérôme Baelen
Partenaires & complices

Une création lilloise

Un projet né du rapprochement de deux équipes artistiques de la métropole lilloise — Les Blouses Bleues (image et théâtre) et Muzzix (son et musique) — avec l'appui d'un laboratoire de fabrication numérique.

Lille 3000 — « Fantastic »Gare Saint-Sauveur, Lille Muzzix (collectif)M.e.u.Lab — Roubaix

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sur La Maison des feuilles

administration@cielesblousesbleues.fr

06 10 76 53 75

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