Spectacle en diffusion — Saisons 2026–2027

Herculine Barbin S/D

Un solo théâtral d’après le texte publié par Michel Foucault — interroger la construction sociale et politique du genre.

Forme
Théâtre documentaire, performance, dispositif sonore et visuel · solo
Conception et mise en scène
Frédéric Laforgue
Interprétation
Lisa Hours
Texte source
Michel Foucault (présentation), Herculine Barbin, dite Alexina B. (Gallimard, 1978)
Durée
40 minutes
Public
Dès 15 ans · lycéens, étudiants, tout public adulte

HERCULINE BARBIN S/D

« J’ai vingt-cinq ans, et, quoique jeune encore, j’approche, à n’en pas douter, du terme fatal de mon existence. »

Herculine Barbin, 1860

Le projet

A-t-on besoin d’un « vrai sexe » pour vivre ?

Herculine Barbin a vingt-cinq ans lorsqu’iel entreprend le récit bouleversant de sa courte existence. Nous sommes dans les années 1860. Iel raconte comment iel devint Abel, comment iel dut dissimuler un corps qui ne correspondait à aucune des catégories imposées, un corps assigné au féminin mais traversé par une identité et un désir que la société refusait de reconnaître.

Le spectacle s’empare de ce témoignage — précis, lucide, profondément moderne — pour interroger ce que les institutions médicales, juridiques et religieuses du XIXe siècle ont fait à un corps qui ne se laissait pas penser. Et pour mettre en résonance cette histoire avec les questionnements contemporains autour du genre, de la norme et de l’autodétermination.

Note d’intention

Un corps que la société ne sait pas penser.

Élevée dans des institutions religieuses, formée à devenir institutrice, Herculine grandit dans un univers profondément marqué par la discipline, le travail et le mérite. Très manuelle, appliquée, elle s’élève par l’étude et l’effort, accède à une forme de respectabilité sociale à laquelle elle s’attache profondément. Cette ascension fragile fait d’elle une véritable transfuge de classe avant l’heure : cultivée, lettrée, nourrie de lectures, elle aspire à une vie digne, protégée, stable. Mais son corps ne correspond pas. Jeune fille au teint fragile, à l’allure jugée étrange, attirée par d’autres femmes, Herculine vit dans la dissimulation jusqu’au jour où il lui devient impossible de continuer ainsi.

Devenir Abel, c’est tenter de vivre au grand jour, de sortir du mensonge, de s’inventer une place dans un monde qui n’en prévoit aucune pour les corps indociles. Mais cette émancipation se heurte à la violence des normes, au regard médical, juridique et social. En devenant juridiquement Abel, elle perd son emploi, sa place sociale, ses repères, et se retrouve brutalement exclue de l’espace qui l’avait jusque-là contenue et protégée. Elle quitte sa région, gagne Paris par le chemin de fer, devient cheminot. Mais la capitale ne lui offre qu’une visibilité violente : la presse s’empare de son cas, les médecins de son corps, dans une époque fascinée par les figures dites « monstrueuses ».

HERCULINE BARBIN S/D — MOTS-CLÉS norme · catégorie · effacement trouble · métamorphose · émancipation LES VIES PARALLÈLES — HERCULINE BARBIN S/D

Isolé, ruiné, affamé, coupé de ses soutiens, Abel/Herculine entretient une correspondance poignante, notamment avec sa mère. Son attachement à Sara, un amour impossible, demeure l’un des rares points lumineux de son existence. Profondément marquée par une éducation catholique, habitée par l’idée de faute, de sacrifice et de salut, elle continue à chercher une forme d’innocence, un espace angélique où le corps et l’âme cesseraient enfin de s’opposer. Mais toutes les fictions disponibles, les récits autorisés, les identités possibles ne suffisent pas. Le monde ne lui offre aucun espace respirable et habitable. Abel/Herculine meurt seul, dans une chambre parisienne, asphyxié au gaz, laissant derrière lui ses manuscrits, ses lettres, et ce texte bouleversant qui traverse le temps.

Le solo, pensé comme une expérience immersive, donne à voir et à entendre les mécanismes par lesquels une société assigne, classe et nomme — tout en laissant émerger des espaces de trouble, de déplacements, de métamorphoses et d’émancipation. La dramaturgie repose sur la transformation progressive du corps et de la voix, faisant de la scène un lieu d’expérimentation où se croisent récit intime, archives historiques et enjeux contemporains. La mise en scène associe jeu théâtral, travail sur la voix amplifiée et sonorisée, création sonore et musicale, dispositifs de vidéo en surimpression et de captation en temps réel, afin de composer une écriture scénique où le corps devient à la fois archive, surface de projection et lieu de résistance.

Créé à Vendeuvre-du-Poitou en septembre 2024 — village de la famille de Michel Foucault, et co-produit par le Centre Michel Foucault et l’Association Jardin Michel Foucault —, le spectacle a été présenté en novembre 2025 dans le cadre du colloque international de Sciences Po Paris consacré aux relectures féministes de Michel Foucault. Il s’adresse tout particulièrement aux publics lycéen·nes et étudiant·es, et entre en résonance avec les programmes de lettres, de philosophie, de sciences humaines et sociales, d’arts plastiques et d’arts du spectacle. Par sa dimension artistique et pédagogique, il s’inscrit pleinement dans une démarche d’éducation artistique et culturelle, et peut être accompagné d’un atelier (Le Corps utopique, 2h30) permettant de prolonger la représentation par un travail de réflexion collective.

Imaginaire

Filiations

Michel Foucault
Préface à Herculine Barbin, 1978

« A-t-on vraiment besoin d’un vrai sexe ? »

Judith Butler
Trouble dans le genre, 1990

« Le genre est un faire répété — non pas un être. »

Paul B. Preciado
Je suis un monstre qui vous parle, 2020

« Je suis l’archive d’une révolution à venir. »

Équipe

Une équipe resserrée pour un solo intime.

Conception, adaptation et mise en scène
Frédéric Laforgue

Interprétation
Lisa Hours

Vidéaste
Clément Goffinet

Régie générale
Pierrick Lafages

Assistanat mise en scène
Pierre Cartonnet

Texte source
Michel Foucault (présentation), Herculine Barbin, dite Alexina B., Éditions Gallimard, 1978.

Disponibilité

Spectacle en diffusion · forme légère, lieu adaptable.

La compagnie apporte l’intégralité du matériel scénique et technique. La forme s’adapte à tout type de lieu : théâtres, salles de classe et amphithéâtres universitaires, médiathèques, tiers-lieux culturels, lycées. Saisons 2026–2027 ouvertes aux programmations. Le spectacle est éligible aux programmes ADAGE et peut être accompagné d’un atelier de prolongement avec les publics.

Durée 40 minutes
Montage 2 heures · 1 service
Démontage 1 heure
Espace de jeu Ouverture min. 3 m · hauteur 2 m · profondeur 2,50 m
Équipe en tournée 3 personnes
Public Dès 15 ans · scolaires lycée et étudiants

Création à Vendeuvre-du-Poitou — Centre Michel Foucault (septembre 2024) · Sciences Po Paris — colloque international Relectures féministes de Michel Foucault (novembre 2025)

Programmation diptyque
Ce spectacle peut être programmé seul ou en diptyque avec Pierre Rivière dans le cadre du programme Les Vies parallèles.
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Tarif
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Production & Diffusion
administration@cielesblousesbleues.fr
06 10 76 53 75

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