Photographies de A — silhouette rouge cambrée, création Cie Les Blouses Bleues, théâtre Daniel Keene

Création 2012 · Le Phénix, scène nationale de Valenciennes

Photographies de A(Augustine)

D’après un texte inédit de Daniel Keene et « L’invention de l’hystérie » de Georges Didi-Huberman — un monologue où la folie hystérique fut inventée en étant théâtralisée et photographiée.

Forme
Théâtre · solo multimédiacréation française et mondiale
Création
Mars 2012Le Phénix, scène nationale de Valenciennes
Texte
Daniel Keenetraduction Séverine Magois
Mise en scène
Frédéric LaforgueCie Les Blouses Bleues

Masque·Douleur·Image
Folie·Regard·Disparition

« Le masque est le chaos devenu chair. » — Georges Bataille

La pièce

Un dangereux spectacle joué au bord du gouffre.

« Photographies de A » est un monologue poétique fascinant sur la folie — et plus précisément sur la manière dont la folie hystérique fut inventée en étant théâtralisée et photographiée. La pièce de Daniel Keene (2007) est née de la lecture du livre de l’historien de l’art Georges Didi-Huberman, « L’invention de l’hystérie ».

Le spectacle en est la première création française et mondiale, jouée en français dans la traduction de Séverine Magois comme dans sa version originale. Il éclaire d’un regard neuf le rapport de la folie à la théâtralité : ici, la folie est créée et augmentée par la rationalité médicale qui prétend la soigner.

Une interrogation, aussi, sur ce que signifie le mot « spectacle » dans « spectacle de la douleur ».

Anne-Catherine Régniers dans Photographies de A, mise en scène Frédéric Laforgue, Le Phénix Valenciennes

Entre la lumière et l’ombre, le réel et l’illusion

Augustine, patiente de la Salpêtrière — archive photographique, L'invention de l'hystérie

Augustine — archives de la Salpêtrière
Le personnage
« A » comme Augustine
la « star » de la Salpêtrière, œuvre d’art vivante

Dans le texte de Keene, « A » renvoie à Augustine, évoquée tout au long de « L’invention de l’hystérie » comme un chef-d’œuvre aux yeux du photographe. Mannequin, marionnette ou modèle, elle ne sait plus bien de quoi elle est la vedette.

« A », c’est aussi le A de l’Actrice — condamnée à séduire le photographe autant que le metteur en scène, captive d’une cage de scène qui doit en plus captiver. Un « malheur d’identité ». Lasse des expérimentations mortifères, Augustine finira par s’enfuir, déguisée en homme.

« Intermittente de son corps », l’hystérique vit dans le risque de se tromper sur l’appartenance de son corps.
Georges Didi-Huberman

Sources & filiations

Trois regards sur l’invention de l’hystérie.

01

L’invention de l’hystérie

Georges Didi-Huberman

Charcot et l’iconographie photographique de la Salpêtrière : l’ouvrage-source, où la douleur devient image et la clinique, théâtre.

02

Photographies de A

Daniel Keene

Un monologue poétique (2007), concerto pour une voix sur le « malheur d’identité » — la pièce qui prolonge la performance Not Moi (Beckett / Bacon).

03

Le théâtre de la douleur

Charcot · la Salpêtrière

Au XIXᵉ siècle, un théâtre « scientifique » où la folie des hystériques fut photographiée, mise en scène, médusée — « j’inscris ce que je vois ».

Le dispositif

Un spectacle multimédia où lumière, son et vidéo interagissent.

Un patch « Pure Data » synchronise les événements visuels et sonores : le déclic de l’obturateur, le flash, la chute, le cri.

Lumière

La lumière, personnage

Annie Leuridan

Le JOTAC, jeu d’orgue tactile, pilote projecteurs asservis, pars LED et stroboscopes 3000 joules. « Penser la lumière comme on pense la diffusion d’images. »

Son

La musique intime d’Augustine

Thierry Mbaye

Diapasons 128 Hz de la « métallo-thérapie » de Charcot, voix captée en direct, piano à pouce bouclé, diffusion 5.1 (Reaktor, Ableton, Max).

Vidéo

Le devenir argentique

Alexandre Leroy

Mapping dynamique et tracking (MadMapper, Kinect) : l’image projetée sur le seul corps de A, jusqu’à sa dissolution. Grain et persistance rétinienne.

Archives & sensations

« Le secret des portraits d’Augustine : un tremblement de temps blancs et de temps rouges. »d’après Georges Didi-Huberman

Au cœur de blancs silencieux et de noirs hantés par les spectres, le rouge émerge peu à peu, jusqu’à la fulguration finale où le corps de A implose par excès de lumière.

Photographie d'archive de la Salpêtrière, iconographie de l'hystérie au XIXe siècle

Salpêtrière — planche photographique
Sensation lumineuse — cube de lumière, dispositif scénographique de Photographies de A

Lumière — temps blancs, temps rouges

Générique

Équipe artistique & technique

Mise en scène
Frédéric Laforgue
Scénographie · vidéo
Alexandre Leroy
Lumière
Annie Leuridan
Son
Thierry Mbaye
Costumes
Léa Drouault
Assistante mise en scène
Béatrice Courtois
Conseils chorégraphiques
Amélia Estevez
Traduction
Séverine Magois
Régie générale
Jean-François Métrier
Avec
Anne-Catherine Régniers
Production & soutiens

Création en mars 2012 au Phénix, scène nationale de Valenciennes. Coproduction Cie Les Blouses Bleues · Le Phénix, scène nationale de Valenciennes. Avec le soutien du CECN (Mons, Belgique), du Manège, scène nationale de Maubeuge, de la DRAC Nord-Pas-de-Calais et de la Région Nord-Pas-de-Calais.

Compagnie Les Blouses Bleues — Théâtre & arts visuelsPhotographies de A · 2012