Deux solos d’après Foucault — Herculine Barbin et Pierre Rivière, deux existences que les archives ont voulu effacer.
Herculine · Pierre Rivière
1838 — 1860 — 1868
deux existences que les archives ont voulu effacer
Le projet
Au cœur de chaque diptyque foucaldien, le même geste : exhumer une voix singulière que les institutions de pouvoir — médicales, judiciaires, religieuses — ont voulu enfermer dans une catégorie, puis effacer. Herculine Barbin, l’hermaphrodite du XIXe siècle, devenue Abel, morte seule à Paris. Pierre Rivière, jeune paysan normand de la même époque, jugé pour le meurtre de sa mère, de sa sœur et de son frère, broyé entre la folie et la criminalité.
Le diptyque met en scène ce que pouvoir, savoir et corps font à des existences que la société ne sait pas accueillir. Théâtre documentaire, théâtre politique, théâtre de l’archive — au sens où Foucault l’entendait : non pour reconstituer le passé, mais pour interroger le présent qu’il rend possible.
Dans les années 1970, au Collège de France, Michel Foucault consacre un séminaire au croisement de la psychiatrie et de la justice pénale au XIXe siècle. Il y exhume deux dossiers oubliés : celui d’Herculine Barbin, intersexe assignée femme, devenue Abel par décision judiciaire, suicidée à vingt-neuf ans ; celui de Pierre Rivière, jeune paysan normand qui, en 1835, massacre sa mère, sa sœur et son frère, et rédige en prison un mémoire d’une centaine de pages d’une lucidité bouleversante. Deux dossiers, deux vies. Deux corps que la société ne sait pas penser. Deux écritures dans lesquelles les vaincus de l’histoire ont laissé une trace.
Ces deux textes, Foucault les publie chez Gallimard accompagnés d’études collectives — non pas pour faire littérature, mais pour donner à entendre des voix que les archives institutionnelles avaient enfermées dans le silence médical, le diagnostic, le verdict. Notre diptyque s’inscrit dans ce geste : redonner la parole à ces existences singulières, non comme des « cas » mais comme des sujets traversés par les pouvoirs de leur temps — et du nôtre.
Les deux spectacles partagent une grammaire scénique : le solo, l’écriture documentaire de plateau, la captation vidéo intégrée au jeu, le travail sur la voix amplifiée et spatialisée, l’archive textuelle comme matière première. Mais ils dialoguent autant qu’ils se distinguent. Herculine Barbin S/D interroge la construction sociale et politique du genre, la violence des catégories binaires, ce que cela coûte à un corps de devoir se déclarer. Pierre Rivière interroge la folie, la raison, la frontière criminelle, ce que cela produit chez les vaincus quand toute parole leur est refusée. L’un dit l’effacement par la norme. L’autre dit le crime comme dernière prise de parole.
Ensemble, ils composent une archéologie foucaldienne mise en scène : non pas une thèse, mais une expérience sensible de ce que pouvoir, savoir et corps produisent comme effacements. Une enquête à deux voix sur ce qui rend une vie invivable. Et sur ce qui, dans l’écriture, dans le mémoire, dans le théâtre, résiste à cet effacement.
Imaginaire
Filiations
« Là où il y a pouvoir, il y a résistance. »
« Le vrai ne dépasse-t-il pas toutes les conceptions de l’idéal ? »
« Je parle, mais c’est comme si je n’avais rien dit. »
Équipe
Pour Herculine Barbin S/D
Pour Pierre Rivière
Disponibilité
Les deux solos peuvent être programmés ensemble dans la même soirée — Herculine Barbin en première partie, Pierre Rivière en seconde, avec une pause de trente minutes — ou séparément, chacun fonctionnant comme un spectacle autonome. La compagnie apporte l’intégralité du matériel scénique et technique : aucune installation complexe n’est requise du lieu d’accueil. Les deux formes sont conçues pour s’adapter à tout type de lieu, du plateau équipé au tiers-lieu culturel.
| Formule | Contenu | Durée totale |
|---|---|---|
| Diptyque complet | Les deux solos en une soirée, pause incluse | 2h00 environ |
| Solo Herculine Barbin S/D | Seul | 40 min |
| Solo Pierre Rivière | Seul | 50 min |
Partenaires & Soutiens
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