Dormir, c’est pour les loosers
Le spectacle aborde les liens du travail et du sommeil. Il s’appuie sur deux références principales : le livre de Jonathan Crary, 24/7, Le capitalisme à l’assaut du sommeil, et le film de Lars von Trier, Le Direktor. La scène se situe dans un grand open space ressemblant à un plateau de tournage, où les acteurs travaillent afin d’améliorer constamment la production grâce aux manuels de relation avec les publics.
Dès le début du spectacle, un acteur réputé est filmé dans le bureau du producteur. Il se voit confier le rôle du manager afin de booster la production en soumettant les autres acteurs au spectacle. Cette entreprise de redressement productif est accompagnée d’un contrôleur connecté à un algorithme calculant les meilleures combinaisons d’émotions afin de parvenir à l’horizon d’attente d’un public imaginaire.
Sur-éclairés sans cesse afin qu’ils continuent à rester éveillés, à tenir debout et à travailler — dépensant l’énergie du lendemain, les personnages sont obnubilés par les lumières bleues des écrans, des ordinateurs, des téléphones portables fétiches qui les connectent sans interruption au décompte de smileys et de likes évaluant leur travail. Ces appareils maintiennent leurs yeux constamment ouverts, à l’instar de l’appareil d’Orange Mécanique de Kubrick, obligeant à ne jamais décrocher.
— Frédéric Laforgue, mars 2017




