Le temps où nous chantions


D’après le roman de Richard Powers
Mise en scène et réalisation : Frédéric Laforgue


Le roman de Powers décrit la peur, les intimidations, le racisme ordinaire, les contrôles au faciès, Il évoque l’injustice, les émeutes, ce racisme qui s’acharne contre ceux qui veulent simplement vivre. C’est un livre poignant et moderne dont l’histoire se poursuit encore aujourd’hui notamment à travers le mouvement des black lives matter. Survivre grâce à la musique qui est un chez soi pour ceux qui n’en ont pas, et peut-être une patrie pour les apatrides et les citoyens du monde. “Nous essayons de les élever (…) au-delà des considérations de race. Le seul monde stable où il soit possible de survivre” » ; « “Au-delà de”, ça veut dire blanc. C’est les seuls qui peuvent se permettre “au-delà de” ». Car c’est toujours au dominé que revient la tâche de respecter scrupuleusement la frontière raciale, et de rester, comme le chante et le joue Louis Armstrong, On the sunny side of the street.


Chorégraphies : Serge-Aimé Coulibaly / Direction musicale : Emmanuel Olivier / Musiques : Malik Berki / conseiller musical jazz-funk : Eric Legnini / Adaptation : Frédéric Laforgue – Sébastien Hoët – Haïla Hessou – Pierre Chevallier – Myriame Gouget / Assistante mise en scène : Myriame Gouget / Direction technique : Christophe Fougou / Chef opérateur live : Laszhlo Sefsick / Vidéaste : Bénédicte Alloing / Costumière : Léa Drouault
Avec :  Mathilde Cardon, Jina Djemba, Loup-Denis Elion, Jean-Paul Mehansio, Gaël Sall, Sylvain Savard et la participation exceptionnelle de Andréas Perez-Ursulet

production en cours : le Phénix scène nationale Pôle Européen de création Valenciennes, Maison Folie de Wazemmes, Ville de Lille, Ville de Tourcoing, Ville de Roubaix, Pictanovo, Région Hauts-de-France, département du Pas-de-Calais, Drac Ministère de la culture et de la communication, Le Tandem scène nationale d’Arras, La Barcarolle EPCC Saint-Omer
Avec la participation du Jeune Théâtre National et de l’école du Nord dans le cadre du dispositif d’aide à l’insertion de la région Hauts-de-France

AGENDA
6 au 10 janvier 2020, RÉSIDENCE au CCN de Roubaix avec Serge Aimé Coulibaly chorégraphies – Jean-Paul Mehansio danseur et Géraldine Battesti chanteuse et actrice et Mathilde Cardon, chanteuse lyrique
9 et 10 avril 2021, CRÉATION – Maison Folie de Wazemmes (Lille) REPORTÉ
15 et 16 octobre 2021 au Palais du littoral – Grande Synthe
       

 

             

Le pays du rêve


D’après Colère Noire, Ta Nehishi Coates / La prochaine fois le feu, James Baldwin et Aimée Césaire
Conception et mise en scène : Frédéric Laforgue
Chorégraphie : Serge-Aimé Coulibaly


“Un tigre ne proclame pas sa tigritude. Il bondit sur sa proieWole Soyinka

A travers les entremêlements entre les chorégraphies, le texte dit et les images et les sons en résonance, ce spectacle raconte la peur d’avoir à sortir de chez soi pour affronter les violences policières et les lois de la rue. Il évoque le droit de respirer face au permis de démolir, la figure du fugitif, la rage et les émeutes, la prochaine fois le feu. 

«Notre lexique tout entier […] ne sert qu’à oblitérer l’expérience viscérale du racisme, le fait qu’il détruit des cerveaux, empêche de respirer, déchire des muscles, éviscère des organes, fend des os, brise des dents. […] La sociologie, l’histoire, l’économie, les graphiques, les tableaux, les statistiques finissent tous par s’abattre sur le corps avec une violence inouïe», écrit Coates

Mon corps se trouve à un niveau anormal d’insécurité. Je le sens… exposé, destructible. Personne pour le protéger ! Je crains pour mon corps. Je dois sans cesse prouver qu’on n’a pas le droit de le réduire, de le détruire… Quand tu marches dans la rue, tu n’es jamais tranquille. Et ça épuise une bonne partie de ton énergie… Tu dois sans cesse être sur tes gardes, ne pas tourner le dos… J’ai peur pour mon corps. J’ai peur de le perdre… Qu’il soit éliminé, réduit en miettes, en poussière… Je voudrais que mon corps m’appartienne, sans être traqué, réquisitionné. Ou contrôlé. Quand je danse, je cherche à atteindre une vitesse… Une vitesse de libération. Alors tous mes muscles se soulèvent, me soulèvent, et je quitte la pesanteur… Mes jambes, mes bras, ma tête… tout mon corps se met à voler. Je danse pour qu’on ne s’empare pas de mon corps, pour qu’on n’arrête pas mon corps, pour qu’on ne l’immobilise pas… Je danse pour fuir ! Quand je danse, mon corps est en mouvement, je suis en mouvement, et je me transforme. Je me transforme en phasme, en libellule, je me transforme en ours, en zèbre… ou en oiseau, en poisson… En poiseau… En oisson…    


Avec Jean Paul Mehansio / Musiques : Malik Berki et Grégory Privat / Vidéo : Bénédicte Alloing 
photos >  Jean-Paul Mehansio, répétitions aux Ballets du Nord